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Le 6 mai prochain sur tout le
territoire, l’AFORTS, en association avec le GNI, appelle toutes ses
associations adhérentes à s’impliquer dans une grande manifestation pour
préserver l’alternance dans toutes les formations sociales.
Pour cela, un groupe de travail
national a été mis en place. Des manifestations se tiendront dans chaque région
de France et une conférence de presse aura lieu le même jour à Paris. Ces
manifestations associeront autour des établissements de formation et de leurs
étudiants, tous ceux concernés par la formation professionnelle des
travailleurs sociaux : professionnels de terrains, employeurs publics ou
privés, réseaux associatifs, syndicats...
C’est la première fois que
l’AFORTS, depuis sa création, appelle à une telle manifestation régionale et
nationale. C’est donc que l’enjeu en vaut la peine.
De quoi s’agit-il ? Nous
savons que, depuis la question sur la gratification des stages, les établissements
de formation ont connu des difficultés dues à une baisse très sensible des
offres de stages dans les associations, établissements, collectivités locales
et services de l’Etat. Cette gratification des stages, dont l’AFORTS défend le
principe, a été plaquée de manière non préparée sur les formations sociales
post-bac. Un effet à cela : l’apparition de tensions importantes au
niveau des établissements de formation, des étudiants, mais aussi des
employeurs/sites qualifiants ont vu le jour. Depuis le début de l’année,
l’obligation de gratifier les stages de plus de deux mois n’a fait que rajouter
des inquiétudes à une situation suffisamment précaire.
Depuis plus de deux ans, l’AFORTS
a multiplié des démarches auprès du Ministère du Travail et des Affaires sociales,
du Haut Commissariat à la Jeunesse. Une lettre d’alerte a été adressée au
président de la République. Mais malgré toutes ces démarches en direction des
plus hautes autorités de l’Etat, rien n’a été fait. Il n’y a que le Haut
Commissariat à la Jeunesse qui a pris la chose au sérieux, sans pour autant
arriver à faire bouger le Ministère du Travail et des Affaires sociales qui a
continué à faire la sourde oreille. Enfin, début janvier, nous avons participé à
une table ronde organisée par la DGAS, mais celle-ci n’a pas été satisfaisante.
C’est ce qui explique que
l’AFORTS a souhaité une réaction à la hauteur de cette attitude désinvolte de
l’Etat sur une question aussi importante. La mobilisation nationale du 6 mai en
est le moyen. Il reste toujours nécessaire de trouver une solution à la
question des stages gratifiés, sinon le risque est grand de voir se fragiliser
l’ensemble du dispositif des formations sociales, de le voir prendre l’eau
petit à petit.
Car derrière la gratification,
c’est la question du devenir de l’alternance qui est posée. Le modèle français
des formations sociales est basé sur un déroulement des formations dont le
principe repose sur un équilibre entre temps dans le centre de formation et
temps auprès des professionnels de terrains. A un moment où dans tout le
secteur de la formation professionnelle on met en avant l’alternance comme principe
et modèle intégrateur dans un métier et dans un emploi, le secteur social a depuis
longtemps expérimenté à travers ses propres formations ce principe fort
recommandé aujourd’hui. C’est en partie ce qui a fait et continue de faire le
succès des formations sociales aux yeux des jeunes qui s’y engagent.
La question de la gratification
nous permet de refonder tout le principe de l’alternance pour l’adapter aux
évolutions de l’ensemble du secteur social et médico-social et du travail
social. C’est cette démarche que nous souhaitons engager en partenariat avec
les professionnels et les employeurs publics ou privés. Démarche qui prendra
corps le 6 mai prochain à travers les Etats généraux et le Livre Blanc sur
l’alternance. Ceci nous permettra de réaffirmer l’intérêt du modèle français
des formations sociales qui sont ancrées profondément dans les réalités des
différents terrains de pratiques professionnelles du travail social. Ceci nous
rendra également plus fort pour défendre les revendications nécessaires pour
une prise en compte financière des coûts liés à tout le processus de
l’alternance dans les formations.
C’est pourquoi, au nom du bureau
et du conseil d’administration de l’AFORTS, j’invite toutes les associations
adhérentes à se mobiliser le 6 mai prochain et à se regrouper pour mettre en
place dans chaque région de France et dans chaque département d’Outre-Mer les
modalités concrètes pour une organisation réussie de cette journée. Nous
pouvons, à travers cette action qui doit être la plus partenariale et la plus
large possible, mettre en place les conditions nécessaires pour repositionner
l’ensemble des formations sociales dans toutes leurs dimensions et préparer le
devenir à court ou moyen terme de notre dispositif de formation aux métiers
sociaux.
Christian CHASSÉRIAUD,
Président de l'AFORTS
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