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Dans
quelques semaines, après avis du conseil supérieur du travail social, nous
connaîtrons les orientations nationales pour les formations sociales. Ces
orientations nationales déclineront analyses, prospectives et propositions.
De leur
côté, les conseils régionaux finaliseront les schémas régionaux des formations
sociales dans le cadre d’un contrat de plan régional des formations
professionnelles qui sera arrêté conjointement par le conseil régional, l’Etat
et le Rectorat. Cette démarche constitue une grande nouveauté. La loi sur ces
contrats régionaux de formation professionnelle positionne les centres de
formation comme des « contributeurs ». A nous de savoir si, dans
chaque région, nous souhaiterons nous organiser pour que de simples
contributeurs nous fassions valoir politiquement nos points de vue et analyse.
Il y a là pour demain un grand enjeu.
Que ce soit
au niveau de l’Etat, à travers les orientations nationales, ou au niveau de
chaque région, priorité sera donnée à l’aspect qualitatif de toutes les
formations aux métiers sociaux. Insister sur la qualité de ces formations n’est
pas une mince affaire. A cela, deux raisons au moins qu’il faut rappeler dans
un moment où les paysages administratifs et ceux des réglementations se
recomposent et évoluent.
La première
est que ce sont surtout les professionnels du travail social et de l’action
sociale qui appliquent les politiques publiques décidées par l’Etat ou par les
collectivités locales.
Ces
différentes politiques (personnes âgées, protection de l’enfance, prise en
charge des personnes victimes de handicaps, situation liée à la montée de la
pauvreté et de la précarité, difficulté d’insertion sociale et professionnelle
d’un nombre important de jeunes, immigration….) exigent des professionnels bien
formés pour réaliser leurs objectifs.
Et dans une
société où domine une insécurité vécue par beaucoup et en particulier par les
populations les plus vulnérables, la qualité des interventions sociales est
primordiale pour redonner tout son sens à la valeur de chaque personne humaine,
quelle que soit l’importance de ses difficultés. Pour cela, les professionnels
du travail social ont aujourd’hui autant besoin d’adosser leur pratiques sur de
l’éthique et de la déontologie que sur de l’apprentissage de techniques
relevant des sciences sociales ou des sciences humaines. La qualité des formations
sociales s’inscrira aussi dans cette dimension éthique qui n’apparaît pas de
prime abord dans les programmes de formation, mais qui doit être présente dans
les projets pédagogiques des différents centres de formation, pour donner
l’étoffe et la dimension nécessaires à des métiers qui vont intervenir avant
tout sur de l’humain et de l’humain en situation de souffrance physique,
mentale, sociale.
Nous pouvons
affirmer que toute politique publique en matière d’action sociale ne pourra
prendre tout son sens et son efficacité que si elle est précédée et accompagnée
par un souci de tous les moments de la valeur et de la dignité de toute
personne ou de tout groupe qui en est le destinataire ou le bénéficiaire. De la
même manière, la qualité des formations sociales passera par ce principe
fondateur de toute action sociale auprès de populations vulnérables et
démunies. La première compétence à acquérir et à développer pour tout futur
travailleur social est bien celle qui va lui permettre de développer une attitude
humaine et une approche humaniste envers toute personne en situation de
difficulté sociale. Cela ne s’apprend pas uniquement dans les livres, mais cela
s’expérimente et se vit dans le quotidien des situations. Le temps de la
formation est bien celui de l’expérience de l’autre en souffrance et de son
accompagnement par les professionnels du travail social dans des parcours de
vie souvent chaotiques et rendus difficiles.
La seconde
raison qui plaide pour une grande qualité des formations dans les métiers du
travail et de l’intervention sociale tient au risque de voir ces professions
dériver vers une instrumentalisation, non pas au service des politiques
publiques (ce pour quoi ces métiers sont faits), mais au service d’une mode
sociale et économique dominante qui impose à tous les métiers de l’action
sociale un cadre économique et réglementaire se situant souvent à l’opposé de
ce principe premier qui est la valeur de la personne et de sa dignité. Le
travail social, de par son éthique et sa déontologie, doit être le paravent
face aux grandes bourrasques qui pourraient mettre à mal tout ce qui a été
capitalisé dans la longue expérience de l’action sociale depuis de nombreuses
décennies auprès des personnes les plus vulnérables de notre société. C’est
cette capitalisation de savoir-faire professionnels qui font aujourd’hui les
métiers du travail social. La qualité des formations s’inscrit de plein pied
dans ces acquis qui ont fait les différents métiers.
Que ce soit
du côté des professionnels du travail social, des structures qui les emploient,
ou du côté des centres de formations sociales, il y a une veille sérieuse à
établir pour que ne dérive pas de manière inquiétante cette qualité des
formations initiales ou continues qui font et feront les professionnels de
demain.
Christian CHASSÉRIAUD,
Président de l'AFORTS
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