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Deux
petits textes d'appel à propositions pour ce numéro ont
permis la parution du numéro 120 avec une grande
diversité d'articles. Tous ne pourront être publiés
dans ce numéro, ils paraîtront dans de prochains
numéros. Voici ces textes en guise d'introduction à la
question des incidences des nouvelles technologies sur l'exercice des
métiers du social.
Si l'on se réfère à l'étymologie, la
technique est ce qui est propre à un art et la technologie est
un traité des arts ! Que les métiers du social
relèvent d'un art qui leur serait propre est sans doute une
opinion assez partagé mais n'assiste-t-on pas actuellement avec
les NTIC, " nouvelles technologies de l'informatique et de la communication ",
à la disparition d'un " art " de la relation sociale et
éducative ? N'assiste-t-on pas à l'émergence d'un
art " technologique " qui appartiendrait à tous, mais surtout
devrait être utilisé par tous ? L'introduction de ces
nouvelles technologies n'est sans doute pas sans conséquences
sur les métiers de l'intervention sociale, sur leur exercice. Ce
numéro de forum se propose de développer ce
questionnement autour de quelques pistes :
• Les modes nouveaux de communication comme la
téléphonie mobile, Internet, système de
vidéo conférence, n'introduisent-ils pas de nouvelles
façons de travailler :
- Une accélération du système de traitement
problème-réponse, et une exigence d'adaptation, de
réaction dans une temporalité limitée ?
- Ceux-ci favorisent-ils le travail en partenariat, en réseau ?
- En quoi ces moyens rapides de communication influencent-ils la manière de travailler avec les usagers ?
• L'informatique a-t-elle une influence sur notre manière de penser l'intervention sociale, de la mettre en oeuvre ?
- La possible connexion de fichiers pose des questions, tant
éthiques que déontologiques de la protection de la vie
privée, de l'opacité de l'être humain (ce qui en
fait un sujet), bref de la personne qui ne se réduit pas
à un système de besoin à satisfaire ni de
problème à résoudre.
- L'informatique ne favorise-t-elle pas une action plus centrée
sur les résultats (quantifiables et facilement
mémorisables) que sur les processus et la temporalité ?
- La création et l'introduction de logiciels de recueils de
données concernant l'accompagnement des usagers ne
favorisent-elles pas en revanche une continuité de la prise en
charge, de la connaissance des problématiques de la personne ?
- L'apparition dans les démarches et les programmes de formation
de ces nouvelles technologies, modifie-t-elle la perception de notre
travail en ce qui concerne la question de l'écriture et du
rapport à cette dernière ? Le nombre important de demande
en formation continue d'apports en ce qui concerne l'écrit nous
semble significatif du difficile rapport à l'écrit,
témoin du travail complexe qu'est l'élaboration
mentale. S'agit-il de traiter de l'information ou de penser son intervention afin d'y trouver sens ?
Ces incidences sont sans doute aussi à saisir du
côté des bénéficiaires de nos interventions,
de l'expression de leurs attentes à l'appréciation d'un
résultat. Les nouvelles technologies ne conduisent-elles pas, si
l'on n'y prend garde, à une vision scientiste de l'intervention
sociale ? Peut-on être malheureux sans être malade, se
demandait récemment un psychiatre dans le journal Le Monde.
Patrick Dubéchot,
Sociologue - démographe, responsable du Centre de recherche et
d'études en action sociale (C.R.E.A.S.) à
l’ETSUP de Paris
François Guérenne, Cadre pédagogique, Responsable du DEIS, Chercheur à l’ITSRA de Clermont-Ferrand
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