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La formation continue n°131 - mars 2011 Coordinatrices : Jenny Antoine & Éliane Leplay |
Appel
à contributions
Consacrer un numéro d’une revue
de la recherche en travail social comme FORUM à la question de la formation
continue peut apparaître, au premier abord, étonnant. Cette intention est née d’un
débat au sein du Comité de rédaction autour des évolutions qui traversent depuis
quelques années le secteur, elles peuvent être classées selon deux axes qui se
rejoignent. - D’une
part du côté de la formation ; accès à la diplomation par la VAE,
transformation des diplômes, architecture en domaines de compétences avec en
miroir les domaines de formation. Place renforcée de l’entreprise sociale qui
joue un rôle différent, à la fois lieu d’expérience validable et lieu de
certification. Les conséquences de la gratification sur les possibilités de
stage avec en particulier une disparition des lieux mono établissement ou
expérimentaux faute de capacité financière. La structuration en BMD (1), le
choix à faire entre l’universitarisation ou le dispositif haute école en
travail social. Le mouvement de rapprochement entre organismes de formation
sous la forme de partenariat, d’association ou de fusion. - D’autre
part du côté des établissements et des services de travail social ; avec
la mise en place des démarches d’évaluation, de qualité, des logiques de
parcours, des pôles de compétences et des CPOM, des sièges sur le modèle
entrepreneurial (direction générale, DAF, DRH, direction communication,
direction qualité). L’imprégnation du discours économique est réalisée ;
rationalisation des coûts, performance, optimisation, passage à la facturation
à l’acte. La création des ARS avec conjointement la disparition des DDASS, des
DRASS et des DRJS qui entraîne une réorganisation des services et des missions
des tutelles. Dans ce cadre de mutations et de
transformations, la formation continue apparaît comme l’expression du dialogue
social en cours dans notre société, des pouvoirs en place, des projections que
la société se fait d’elle même des représentations du monde à venir. Créer le
droit à la validation
des acquis de l’expérience n’est-ce pas donner une
place équivalente au travail
salarié et au bénévolat ? Quelle incidence
sur le rapport entre ces deux
modalités au moment d’une réduction des
financements ? Dans une période de
sélection forte à l’entrée dans les
formations, l’activité bénévole est souvent
un passeport au point que les organismes en charge de
l’orientation la présente
comme le delta favorable. Quel impact cela a-t-il dans le recrutement
des
futurs professionnels ? Considère t-on que le
bénévolat est un prérequis,
dans ce cas quelles conséquences sur l’emploi
qualifié ? La Loi du 24 novembre 2009
institue le droit à l’orientation en regard de la formation continue tout au
long de la vie. Cela ne renforce t-il pas la dimension de valeur d’ajustement
de l’emploi attribuée à la formation continue ? Dés à présent le
financement de celle-ci dépend de l’employabilité qu’elle offre sur un
territoire donné Parler de formation continue tout
au long de la vie n’est-ce pas s’inscrire dans une logique de disparition de la
fin d’activité programmée à un âge socialement établi ? De même,
introduire l’idée de
portabilité d’un droit à la formation (DIF)
n’amène t-il pas en corolaire l‘évidence de la mobilité du salarié en fonction du
besoin de main d’œuvre. Le portefeuille de formation (de compétences) joue
alors le rôle du livret du compagnon, celui de fil rouge dans un parcours
professionnel complexe. Le parcours professionnel socialement normal serait-il,
alors, un parcours d’obstacles (activité, rupture, réorientation,
formation, emploi, rupture…) dans lequel la personne a la responsabilité de
l’itinéraire hors de la réalité du marché du travail ? Enfin la question de la
compétence, un glissement ne s’opère t-il pas de l’employeur au salarié ?
La responsabilité qu’avait l’entreprise de tout mettre en œuvre pour maintenir le
niveau de performance des salariés ne repose t-elle pas aujourd’hui sur les
épaules du salarié ? Une autre évolution notable : le temps de
formation s’étend au hors temps de travail, le elearning et la FOAD permettent
l’apprentissage de chez soi. Pour faciliter la dynamique
personnelle de formation, il est aussi possible de faire un crédit pour la
prendre en charge et sous certaines conditions les frais inhérents à une
démarche de qualification peuvent être déduits des impôts. Au delà de l’intérêt de cette
énumération de constats que chacun des acteurs peut faire, il est apparu utile
et nécessaire au Comité de rédaction de Forum de créer un espace de réflexion et
de mise en perspectives qui favorisent le débat et la prospective en apportant
des éléments d’analyses, d’études et de recherches diverses et complémentaires.
Ainsi,
autrement dit, ce numéro peut s’ouvrir sur les perspectives de réflexion
suivantes : - Qu’en est-il de la
confrontation des idéologies du champ de la formation au moment (historique) du
choix d'un autre modèle ? - La formation
professionnelle continue renforce-t-elle la division du travail ? - Assiste-t-on au
"retour" du bénévolat analysable comme un retour du religieux (ou du
refoulé) ? -
La formation professionnelle continue est-elle une variable d'ajustement
permanent des caractéristiques du "formant" aux évolutions du marché
de l'emploi ? -
Qu’en est-il de la diversité ou la
morcellisation des lieux, des moments et des durées de la FPC ? |
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Si vous souhaitez contribuer à ce numéro : Merci de votre contribution à la revue FORUM. |