Si l’on se réfère à l’étymologie, la technique est ce qui est propre
à un art et la technologie est un traité des arts ! Que les métiers
du social relèvent d’un art qui leur serait propre, est sans doute
une opinion assez partagée, mais n’assiste-t-on pas actuellement
avec nos « nouvelles technologies » à l’apparition d’un art qui
appartiendrait à tous, mais surtout devrait être utiliser par tous ?
Cette uniformisation des gestes ou des moyens n’est sans
doute pas sans conséquences sur nos métiers et leur exercice. Ce
numéro de la revue Forum voudrait développer ce questionnement dans
un certain nombre de directions dont nous suggérons ici quelques
pistes :
* L’apparition, dans les démarches de formation, dans les programmes
de ces nouvelles technologies, modifie-t-elle la perception de notre
travail en ce qui concerne la question de l’écriture et du rapport à
cette dernière ? Le nombre important de demande en formation
continue, d’apports en ce qui concerne l’écrit, est nous semble-t-il
significatif du rapport difficile à l’écrit dans nos métiers.
*
L’informatique a-t-elle une influence sur notre manière de penser
l’intervention sociale, notamment en favorisant une action plus
centrée sur les résultats (quantifiables et facilement mémorisables)
que sur les processus et donc la temporalité ? Ceci réfère sans
doute aussi au domaine des évaluations.
*
La possible connexion de fichiers nous pose la question, tant
éthique que déontologique de la protection de la vie privée, de
l’opacité de l’être humain (ce qui en fait un sujet), bref de la
personne qui ne se réduit pas à un système de besoins à satisfaire
ou de problèmes à résoudre.
Ces incidences sont sans doute aussi à saisir du côté des
bénéficiaires de nos interventions, de l’expression de leurs
attentes à l’appréciation d’un
résultat. Les nouvelles technologies ne conduisent-elles pas
à une vision scientisme de l’intervention sociale ? Peut-on être
malheureux sans être malade, se demander récemment un psychiatre
dans le journal Le Monde ?
François Guérenne
* * * * * * * * * *
Si l’on se réfère à l’étymologie, la technique est ce qui est
propre à un art et la technologie est un traité des arts ! Que les
métiers du social relèvent d’un art qui leur serait propre est sans
doute une opinion assez partagée, mais n’assiste-t-on pas
actuellement avec les NTIC,
« Nouvelles technologies de l’informatique et de la communication »,
à la disparition d’un « art » de la relation sociale et éducative ?
N’assiste-t-on pas à l’émergence d’un art « technologique » qui
appartiendrait à tous, mais surtout devrait être utilisé par tous ?
L’introduction de ces nouvelles technologies n’est sans doute pas
sans conséquences sur les métiers de l’intervention sociale, sur
leur exercice, sur les pratiques. Ce numéro de la revue Forum voudrait
développer ce questionnement dans un certain nombre de directions
dont nous suggérons ici quelques pistes :
> Les nouveaux modes de communication
comme la téléphonie mobile, Internet, le système de vidéo
conférence, n’introduisent-ils pas de nouvelles façons de
travailler ?
-
Une accélération du système de traitement problème-réponse, et une
exigence d’adaptation, de réaction dans une temporalité limitée.
-
Ceux-ci ne favorisent-ils pas le travail en partenariat et en
réseau ?
-
En quoi ces moyens rapides de communication influencent-ils la
manière de travailler avec les usagers ?
-
En quoi ces nouvelles technologies contribuent-elles à inventer un
nouveau langage professionnel et de nouvelles formes d’écriture ?
- etc.
> L'informatique
a-t-elle une influence sur notre manière de penser l’intervention
sociale, de la mettre en œuvre ?
-
La possible connexion de fichiers pose des questions, tant éthique
que déontologique de la protection de la vie privée, de l’opacité de
l’être humain (ce qui en fait un sujet), bref de la personne qui ne
se réduit pas à un système de besoins à satisfaire ou de problèmes à
résoudre.
-
L’informatique ne favorise-t-elle pas une action plus centrée sur
les résultats (quantifiables et facilement mémorisables) que sur les
processus et donc la temporalité ?
-
La
création et l’introduction de logiciels de recueil de données
concernant l’accompagnement des usagers ne favorisent-elles pas en
revanche une continuité de la prise en charge, de la connaissance
des problématiques propres à la personne ?
- etc.
Ce numéro de Forum veut explorer les impacts de ces « nouvelles
technologies de l’informatique et de la communication » sur le champ professionnel. Les incidences sont sans doute à
saisir du côté des professionnels, des bénéficiaires des
interventions, mais aussi du système de formation ou de la commande
sociale, des acteurs financiers et publics.
Patrick Dubéchot