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ÉDITO DU PRÉSIDENT |
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-septembre 2011- Cette rentrée de septembre concentre beaucoup d’enjeux pour le travail social et les formations sociales.
Le premier que je retiendrai, c’est celui de notre regroupement dans l’UNAFORIS. A la fin de cette année, l’AFORTS et le GNI s’arrêteront, d’ores et déjà la communication extérieure des deux réseaux sera portée par l’UNAFORIS. A partir de 2012, seule l’UNAFORIS représentera le réseau des formations sociales. On peut saluer une telle démarche. Elle était souhaitable et même devenue nécessaire. Elle a été préparée au sein de l’AFORTS par de nombreux groupes de travail et par les instances associatives. Elle a fait apparaître des craintes ici ou là mais aussi beaucoup de raisons d’espérer. Désormais, il nous faut réussir l’UNAFORIS ce qui, aujourd’hui, est en bonne voie. Nous souhaitons longue vie à l’UNAFORIS qui devient désormais le réseau unique des centres de formation en travail social. Nous n’oublierons pas que l’UNAFORIS est essentiellement le regroupement de personnes morales de la loi d’association 1901. Il s’inscrit et se rattache au secteur de l’économie sociale. Son but n’est pas de faire des profits financiers, ni d’entrer dans la marchandisation, mais de défendre et de représenter un mouvement associatif attaché aux valeurs de l’action sociale et du travail social : solidarité, respect de la personne, refus de toute discrimination. Il sera important pour que l’UNAFORIS réussisse et se développe de veiller à ce qu’elle reste reliée à toutes les associations qui la constituent et aux différentes sensibilités associatives qu’elles représentent. L’erreur serait de réduire l’UNAFORIS à une dimension purement technique, une forme de grand plateau technique national. Il sera toujours nécessaire que le sens prime sur la technique, que le sens vienne étayer les différents choix techniques et organisationnels. Nous souhaitons bonne réussite à l’UNAFORIS ! Cette rentrée de septembre 2011 se fait dans un climat social difficile. Dans l’action sociale, la période de l’été a été fortement marquée par le mouvement des travailleurs sociaux exerçant dans le secteur de l’urgence sociale qui, pour des raisons d’éthique et de déontologie professionnelles, refuse les fermetures de place d’accueil dans les associations. Ces travailleurs sociaux disent non pour remettre dans la rue des hommes, des femmes, des familles au prétexte que le déficit budgétaire de l’Etat ne permet plus de répondre positivement à ces situations de grande détresse sociale. Ce qui s’est passé autour de l’urgence sociale au cours de ces vacances d’été est inquiétant parce qu’il révèle un état d’esprit qui s’infiltre dans le corps social. En effet, on assiste au développement d’un discours sous-tendu par une idéologie fortement libérale qui souligne « qu’en période de crise budgétaire, le travail social serait un luxe que la société ne pourrait plus assurer » ! C’est ainsi que des milliers de personnes et de familles en grande difficulté se retrouvent de plus en plus dans des logiques de survie et de déshumanisation. Le 30 août, un rapport de l’INSEE pointait une augmentation très inquiétante de la pauvreté en France. Les associations et les travailleurs sociaux du public ou du privé crient cette réalité depuis plusieurs années sans être entendus. Et c’est le moment que le gouvernement choisi pour amputer les budgets d’aide sociale et de lutte contre la pauvreté, présentant tout cela comme nécessaire pour l’équilibre des comptes publics ! Merci aux associations et à leurs travailleurs sociaux qui, au milieu des vacances d’été, ont su se mobiliser et résister à ce qu’exigeait l’Etat et les préfets, et ont désobéi en refusant de remettre à la rue des hommes, des femmes et des enfants dont le seul « défaut » aura été d’être devenus fragiles et démunis. Il est important aujourd’hui dans les formations sociales de sensibiliser les futurs travailleurs sociaux à savoir « résister » face à des décisions politiques qui sont contraires à la dignité et au respect des personnes. Tout cela renvoie à un troisième enjeu en ce mois de rentrée, celui des élections présidentielles de 2012. Lors des dernières élections, l’AFORTS avait écrit à chaque candidat à partir d’une série de questions sur l’action sociale, le travail social et la formation professionnelle des travailleurs sociaux. Parmi ces réponses, il y avait celle du candidat Nicolas Sarkozy qui s’engageait sur un ensemble de points précis concernant le travail social et les formations : reconnaissance forte de la fonction des travailleurs sociaux, nécessité d’une professionnalisation de qualité… (nous tenons cette lettre à votre disposition). Aussitôt élu, le Président de la République Nicolas Sarkozy a très vite oublié ses engagements écrits vis à vis desquels d’ailleurs il a en totalité tourné le dos. Une nouvelle campagne électorale s’annonce. Même s’il ne faut pas attendre des « miracles » d’une élection présidentielle, celle-ci reste un moment important de démocratie et de débat public. Il sera donc nécessaire d’abord de rappeler à celui qui s’était engagé par écrit vis à vis de nous ses engagements et d’en faire un bilan objectif. Ensuite, il nous faudra questionner les candidats à l’élection présidentielle à partir de l’état du travail social, des formations et de la question sociale en France. En effet, les questions liées aux politiques sociales et à l’exercice professionnel des travailleurs sociaux doivent faire l’objet d’engagements de la part des futurs candidats. D’ailleurs, souvent, ces questions rejoignent plus largement des grandes questions de société qui feront nécessairement débat. Cet éditorial de septembre 2011 est un des derniers (voir le dernier) du site de l’AFORTS. En effet, à compter de la fin décembre le site de l’AFORTS s’éteindra et le site de l’UNAFORIS existant aujourd’hui prendra le relais. Je souhaite remercier ici toutes celles et ceux qui ont eu la patience de lire ces éditoriaux. Je remercie également ceux qui ont réagi à tel ou tel éditorial et qui m’ont fait part de leur point de vue, de leur analyse et de leur humeur. A travers ces écrits réguliers, j’ai essayé à ma façon de retraduire l’état des préoccupations et des débats à l’AFORTS. J’espère simplement l’avoir fait le plus fidèlement possible. Je remercie également les étudiants et stagiaires des centres de formation qui ont régulièrement réagi à ces éditoriaux. Avec certains, des débats de fond ont pu s’engager sur le travail social, les formations, les centres de formation. Ils continueront avec l’UNAFORIS qui devra s’interroger sur l’espace d’expression publique et de dialogue qu’elle souhaite laisser aux étudiants et stagiaires en travail social. Merci et bonne rentrée à tous.
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précédents éditos : février 2011 - janvier 2011 - septembre 2010 - février 2010 - septembre 2009 - mai 2009 |
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